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Mise à flot du sous-marin nucléaire « Le Terrible »

Nicolas Sarkozy se jette à l’eau ?

Communiqué de presse

samedi 28 novembre 2009, par Observatoire des armements

Le déplacement du Président de la République à Cherbourg ce vendredi 21 mars pour une simple mise à l’eau du quatrième et dernier sous-marin nucléaire lanceur d’engins de nouvelle génération (SNLE-NG), Le Terrible, se veut un signal fort à la veille d’échéances importantes : pas de rupture dans la politique de la dissuasion nucléaire !

«  L’objectif de ce déplacement est de réaffirmer la priorité de la dissuasion nucléaire de la France à coup de symbole au lieu d’ouvrir un véritable débat avec l’ensemble des citoyens sur l’utilité de l’arme nucléaire pour relever les nouveaux défis que sont, par exemple, la menace climatique ou la pauvreté ?  » souligne Patrice Bouveret, président de l’Observatoire des armements / CDRPC.

Pas question d’attendre 2010 que ce sous-marin entre en service actif pour aller le « baptiser » ! À l’heure où se préparent les derniers arbitrages au sein de la commission chargée d’élaborer le nouveau Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale (prévu pour la mi-avril) et la nouvelle loi de programmation militaire pour les années 2009-2013… Sans compter les inquiétudes pesant tant sur les réductions d’effectifs militaires que sur la construction de nouveaux matériels, comme le second porte-avions, pour cause de coûts trop important en période de restriction budgétaire. À moins que le Président s’inquiète de l’écho favorable que pourraient rencontrer les « désobéissants » à l’occasion du troisième tir d’essai dans les Landes du futur missile nucléaire M-51, prévu pour les prochaines semaines ?

Le coût de ce quatrième SNLE-NG, va approcher les 2,5 milliards d’euros. Un montant 2,7 fois plus élevé (900 millions d’euros) que pour un SNLE de première génération. En pleine période de restriction budgétaire, les moyens affectés à la dissuasion continuent d’augmenter. Le projet de loi de finances 2008 consacre ainsi 3 367 millions d’euros en crédits de paiement (+ 3 % par rapport à 2007) à l’effort de dissuasion. À ces crédits d’équipements, il faut encore rajouter notamment la part des crédits de fonctionnement de la force nucléaire, certains crédits de recherche et développement amalgamés avec d’autres lignes budgétaires…

Ce poids budgétaire va encore s’accentuer dès l’an prochain. La raison est simple : les programmes commandés au milieu des années 1990 arrivent « enfin » à leurs termes : SNLE-NG Le Terrible, missile M-51, Laser Mégajoule, missile ASMPA (air-sol moyenne portée, amélioré) emporté par les Rafale. Or toutes ces dépenses vont influer sur le report de certains programmes militaires conventionnels, comme sur la baisse d’autres budgets étatiques (culture, emploi, politique de la ville, écologie…), et donc sur le contribuable…

Face aux nouvelles menaces, la dissuasion nucléaire est-elle vraiment efficace ? Par le passé, les missiles nucléaires étaient braqués contre l’URSS et servaient à sanctuariser le territoire national. Aujourd’hui, selon le discours officiel, « la France ne se connait pas d’ennemi ». Pourtant, la France augmente la portée intercontinentale de ces missiles. Le Terrible, sera le premier SNLE-NG à être équipé des missiles M51 d’une portée d’environ 8 000 kilomètres, permettant, par exemple, d’atteindre la Chine… Les scénarios d’emploi de l’arme nucléaire ne sont pas adaptés face aux nouvelles menaces (climatiques, environnementales, de mal-développement, etc.).

« Il est temps de mettre en place un véritable plan de désarmement nucléaire, comme la France s’y est engagée au sein des Nations unies notamment par sa signature du Traité de non-prolifération (TNP). »