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Communiqué de presse

Flash-balls : armes à létalité atténuée !

samedi 28 novembre 2009, par Observatoire des armements

Nicolas Sarkozy équipe la police de proximité de Flash-balls. Que sont réellement ces armes à « létalité atténuée », le danger qu’elles représentent ? Quels sont les problèmes au regard des droits de l’Homme, de la sécurité et des libertés publiques ?

La publicité faite autour d’une arme censée résoudre les problèmes de nos banlieues est scandaleuse. Doter les forces de police d’une arme de guerre jusque-là réservée à quelques unités très spécialisées, donc préparées à leur emploi délicat est irresponsable.

En 1997, l’Observatoire des transferts d’armements avait publié une étude sur les matériels de sécurité et de police et « ciblé » tout particulièrement ces armes dites « non létales » qui sont devenues aujourd’hui pour la société Verney-Carron qui fabrique le Flash Ball des armes à « létalité atténuée ». En fait, selon les conditions d’emploi ces armes, le risque de blessures graves ou mortelles n’est pas à exclure. En effet, ces armes sont d’une précision limitée et l’utilisateur sera forcément tenté de réduire la distance de tir et donc d’augmenter les coups mortels ou très vulnérants.

L’Observatoire des transferts d’armements s’élève avec vigueur contre la publicité faite à une arme dont le seul modèle « Flash Ball » de Verney Carron est classé dans la catégorie des armes de guerre depuis un arrêté du 16 septembre 1997 et dont les innombrables modèles similaires sont en vente libre dans n’importe quelle armurerie ou même par correspondance.

Va-t-on assister dans nos banlieues à des combat au Flash Ball et autres Gomm-cognes ?

L’Observatoire des transferts d’armements recommande le classement de toute cette panoplie d’armes dites « non létales » dans la quatrième catégorie, c’est-à-dire comme des matériels de guerre, donc interdits à toute vente à un particulier.

L’Observatoire des transferts d’armements s’étonne que la liste des matériels de sécurité et de police mise au point au niveau européen par le groupe d’experts « Coarm » et annoncée comme bouclée ne soit toujours pas publiée. En effet, cette liste ainsi publiée permettrait de soumettre toute production, toute commercialisation et tout transfert de ces matériels à une réglementation et à un contrôle stricts et encadrés.


« Armes à létalité réduite », définition : notre visite au salon Milipol (fin novembre 2001), nous a permis quelques découvertes philologiques sur lesquelles nos académiciens devraient se pencher toutes affaires cessantes. L’entreprise Lacroix, bien connue pour ses lacrymogènes et autres « joyeusetés » à l’intention des manifestants, exposait des armes affichées comme « à létalité réduite », les mêmes d’ailleurs qui étaient exposées au précédent salon sous le titre d’« armes non létales ». Le Petit Larousse définit la létalité par son équivalent « mortalité »… Comme Lacroix s’enorgueillit d’être fournisseur du ministère de l’intérieur, gageons donc que les « armes à létalité réduite » de nos policiers ne nous enverrons le cas échéant ad patres que « dans des proportions moindres » selon — encore — la définition du Petit Larousse ! " Verney-Carron, le fabricant français des Flash-ball, quant à lui, parle d’« arme à létalité atténuée », dans ses publicités distribuées durant le même salon Milipol… (voir sur le site www.flash-ball.com) (Extrait de Damoclès n° 91)