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13 février 1960

La France faisait exploser sa première bombe atomique au Sahara

lundi 13 février 2012, par Patrice BOUVERET

Il y a cinquante et un an, le 13 février 1960, la France faisait exploser sa première bombe atomique, Gerboise bleue, dans le ciel de Reggane, en plein Sahara. Le « Hourra pour la France » du général de Gaulle reste pourtant un bien triste souvenir pour la population de cette petite ville du désert.

Comme le souligne Moruroa e tatou dans un communiqué de presse ci-joint, les médecins de l’hôpital s’inquiètent de la recrudescence des cancers et notamment des cancers de la thyroïde et de la peau qu’ils soignent tant bien que mal avec leurs faibles moyens. En effet, les familles sahariennes ont beaucoup de réticence à laisser partir leurs malades à quelques milliers de kilomètres dans les hôpitaux d’Alger. Alors ils souffrent et disparaissent en silence.

La zone des points zéro des 4 bombes aériennes qui ont explosé en 1960 et 1961 reste jonchée de ferrailles tordues et de sable noirci et vitrifié par la chaleur de la bombe. Ces lieux restent très contaminés et pourtant, ils sont restés libres d’accès pendant un demi-siècle… Les nomades et les habitants de Reggane et des oasis voisins, ignorant tout du danger, ont récupéré tout ce qu’ils ont pu sur ces lieux stupéfiants de beauté et pourtant imprégnés de poisons mortels.

D’autre part, comme nous avons pu le souligner dans l dernière parution de La Lettre de Damoclès, des archives à ce jour inconnues et des investigations récentes ajoutent leurs images d’horreur à ces sinistres expériences atomiques réalisées en pleine période de la guerre d’Algérie. Une avocate de renom du barreau d’Alger a fait réaliser des expertises sur des photos de « mannequins » qui, selon les Français, avaient été exposés autour du point zéro de l’explosion. Après échange avec le ministère de la défense de la France, l’avocate conclut que ces pseudo mannequins étaient en fait des corps humains, vraisemblablement ceux de prisonniers du FLN, envoyés au Sahara à cette même période et dont elle n’a pu retrouver aucune trace. Est-on devant un crime de guerre ?

L’Observatoire des armements se joint à Moruroa e tatou, aux associations et aux victimes algériennes des essais nucléaires français pour partager leur tristesse et leur revendication commune pour la vérité et la justice sur ces expériences qui ont porté de si graves atteintes tant à leur santé qu’à leur environnement.