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Communiqué de presse

Les transferts d’armes : sujet tabou du débat électoral ?

lundi 19 mars 2012, par Tony FORTIN

Sur la période 2007-2011, la France conserve non seulement sa 4ème place d’exportateur d’armes dans le monde, mais connaît également une augmentation de 12 % de ses exportations par rapport à la période 2002-2006, selon l’institut de recherche suédois SIPRI qui publie aujourd’hui ses dernières estimations.

Cette place devrait se confirmer compte tenu des quelques contrats en cours de finalisation, tels que la vente du Rafale à l’Inde…

« Ces résultats devraient interpeller nos candidats à l’élection présidentielle, complètement muets sur cette question, selon le directeur de l’Observatoire des armements, Patrice Bouveret. Aucun des programmes n’aborde la question de la prolifération des armes dans le monde ni la nécessité de renforcer leur contrôle. Or même si les armes ne sont pas à l’origine des guerres, l’absence de réel contrôle démocratique et de leurs transferts est facteur de déstabilisation et favorisent les nombreux conflits qui ensanglantent la planète… »

Selon le SIPRI les exportations mondiales d’armements ont augmenté de 24 % entre la période 2007-2011 et la période 2002-2006. Au moins un secteur qui n’est pas touché par la crise… ni impacté par le Printemps arabe. En effet, selon le SIPRI les principaux fournisseurs ont continué à livrer des armes aux pays touchés par les événements.

Les exportations françaises représentent 8 % des exportations mondiales, selon une répartition régionale. 51 % de nos exportations vont en direction de l’Asie et l’Océanie ; 22 % vers l’Europe et 12 % pour le Moyen-Orient. Quant aux trois premiers clients de l’industrie militaire française pour la période 2007-2011, on retrouve Singapour (20 %), la Grèce (10 %) et le Maroc (8 %).
On comprend mieux tout l’enjeu pour la France que la Grèce ne tombe pas en faillite…

En cette période électorale, l’Observatoire des armements rappelle l’extrême nécessité d’un débat démocratique afin que la France cesse de privilégier ses intérêts économiques sur la sécurité humaine, car les armes ne sont pas des marchandises comme les autres et doivent faire l’objet de mesures renforcées, telles que :

• l’obligation d’une véritable transparence avec la publication d’un rapport annuel intégrant la liste des matériels exportés ;

• l’organisation d’un débat parlementaire annuel avec l’audition de l’ensemble des parties concernées (services de contrôle, industriels, experts indépendants, syndicats et représentants de la société civile…) ;

• le contrôle par les élus de tous les intermédiaires intervenant dans le commerce des armes (courtiers, organismes financiers, organismes de transport, etc.).

Contact presse :

Patrice Bouveret, 04 78 36 93 03 / 06 30 55 07 09