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Victimes des essais nucléaires

Licenciement de Bruno Barrillot en Polynésie par le gouvernement Flosse !

lundi 24 juin 2013, par Patrice BOUVERET

Le 13 juin 2013, le nouveau gouvernement de Polynésie dirigé par Gaston Flosse – plusieurs fois condamné pour détournements de fonds publics et fervent partisan des essais nucléaires de la France – a licencié Bruno Barrillot — co-fondateur de l’Observatoire des armements — pour faire taire son action pour la vérité et la justice à l’égard des victimes des essais nucléaires.

Depuis la création de l’Observatoire des armements, Bruno Barrillot, dénonce sans relâche les atteintes à la santé des personnels et des populations et à leur environnement provoquées par les 210 essais nucléaires de la France au Sahara et en Polynésie. Il a publié plusieurs ouvrages (cf. L’Héritage empoisonné) et de nombreux articles sur le sujet et a participé à la création de l’Aven (association des vétérans des essais nucléaires) en métropole et de Moruroa e tatou en Polynésie.

Bruno Barrillot à l'Observatoire des armements

En juillet 2005, Bruno Barrillot a été appelé de France par le gouvernement Temaru pour animer la commission d’enquête de l’Assemblée de la Polynésie sur les essais nucléaires. Depuis près de 8 ans, avec le soutien de Moruroa e tatou et des gouvernements successifs, il a obligé la France à commencer la réhabilitation des sites laissés à l’état de ruines depuis la fin des essais en 1996. Avec les associations, il a dénoncé les conséquences des essais nucléaires sur la santé et l’environnement et forcé le gouvernement français à concéder une loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires ; loi qui, hélas, reste encore à réformer (cf. Damoclès n° 141 et Victimes des essais nucléaires : histoire d’un combat).

Nous ne pouvons qu’être inquiet de voir les victimes des essais nucléaires français du Sahara et de Polynésie disparaître les unes après les autres. L’Observatoire des armements — tout comme de nombreuses associations et personnes —
s’indigne de voir Bruno Barrillot ainsi « remercié » sur un mode revanchard qui ne fait pas honneur au gouvernement polynésien. Ce dernier fait table rase de tous ceux qui, depuis des années, ont combattu les essais nucléaires et se sont engagés au service des victimes.

Pour rebondir et poursuivre notre action, Moruroa e tatou a lancé une pétition sur le réseau Avaaz. La cause des victimes des essais nucléaires est un enjeu important pour l’avenir : c’est une question de justice et de vérité que nous devons rappeler avec force, à François Hollande et à son gouvernement.

Nous vous invitons à signer cet appel pour la justice pour les victimes des essais nucléaires et à le faire circuler auprès de vos amis