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Bruno Barrillot

Quelle Justice pour les victimes des essais nucléaires ?

Pour l’adoption du principe de présomption légale • Préface de Me Jean-Paul Teissonnière et contribution du Dr Abraham Béhar

samedi 15 mai 2010

Généticien réputé et membre de l’Académie française, Jean Rostand dénonçait en 1966 ces « saboteurs du protoplasme humain » qui, avec leurs expériences nucléaires, allaient faire subir aux insulaires du Pacifique « les effets de la radioactivité à bout portant ». Quarante ans plus tard, vétérans des essais et populations sous le vent des retombées nucléaires découvrent que leurs maladies, cancéreuses ou non, ont un lien avec leur présence sur les sites d’essais ou à leur proximité.
Les recherches scientifiques d’aujourd’hui sur les maladies « radio induites » confirment les propos véhéments de Jean Rostand. Peu importe la dose de radioactivité, écrit en substance le professeur Abraham Béhar, c’est le génome qui est atteint. Le consensus scientifique est tel que, pour épargner aux victimes d’interminables et coûteuses expertises, les États-Unis ont décidé d’appliquer le principe de présomption de lien avec le service pour tous ceux qui ont participé à leurs expériences nucléaires.
La France, depuis sa première bombe à Reggane en 1960, reste crispée sur son dogme des essais propres et sans conséquence sur la santé. Mais aujourd’hui, les preuves foisonnent : les conditions de sécurité des expériences nucléaires sahariennes et polynésiennes de la France ont été gravement sous-estimées. Il n’est plus possible de nier le lien entre la présence sur les sites d’essais ou dans leur voisinage et les pathologies d’aujourd’hui. Malgré l’apposition du secret défense, la vérité sur les essais français éclate.
En 2007, les associations — Aven, Moruroa e tatou et Observatoire des armements/CDRPC — jugent qu’on ne peut plus attendre. La classe politique doit trancher et adopter, par la loi, le principe de présomption. La justice pour les victimes des essais nucléaires est à ce prix.

Co-édition Aven, Moruroa e tatou et Observatoire des armements

Coordination de l’ouvrage : Jean-Louis Valatx et Patrice Bouveret

Septembre 2007 • 144 pages • 10 euros

ISBN 2-913374-18-2

Table des matières

Préface (Me Jean-Paul Teissonnière)

Pour l’adoption du principe de présomption légale applicable aux victimes des essais nucléaires (Bruno Barrillot)

- Les éléments du débat

- Des faits nouveaux

- Le principe de présomption doit être adopté par la loi

La présomption d’origine, objet juridique ou prémonition scientifique ? (Dr Abraham Béhar)

- La réalité professionnelle de l’irradiation

- La réalité des maladies professionnelle constatées

- Délai raisonnable ou chaînon manquant ?

Les travaux à risques radiologiques effectués sur les atolls (Bruno Barrillot)

- La dimension humaine des essais

- Quelques travaux d’assainissement à risques radiologiques

- La surveillance radiologique du personnel

- Suivi ou étude des effets des radiations sur les populations

Qualifier les atteintes aux droits des victimes des essais nucléaires (Bruno Barrillot)

- L’arme nucléaire, hors du droit

- Quelques arguments pour qualifier le délit

- Le négationnisme nucléaire

- Appels au droit

- Crime contre l’humanité ? Génocide ?

Projet de loi : nos objectifs

Présentation des associations