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Pieter de Vries & Han Seur

Moruroa et nous

Expériences des Polynésiens au cours des 30 années d’essais nucléaires dans le Pacifique Sud

dimanche 15 août 2010, par Observatoire des armements

Au cours des trente dernières années des milliers de Polynésiens, hommes et jeunes garçons, ont travaillé à Moruroa et Fangataufa, les deux atolls du Pacifique où la France a réalisé ses essais nucléaires. Un mur de silence a entouré jusqu’à présent leurs expériences, leurs motivations et leurs anxiétés.
Dans ce rapport, publié en 1997, un an après la fin des essais français, un nombre représentatif d’anciens travailleurs et d’habitants des îles voisines des sites d’essais prennent la parole. Leurs histoires et leurs problèmes sont révélés.

Ce rapport présente les résultats d’une enquête sociologique sur les conséquences des essais nucléaires sur la vie des habitants de Polynésie française. Il est basé sur les expériences d’anciens travailleurs des sites d’essais (Moruroa et Fangataufa), sur celles des habitants des îles situées dans un rayon de 500 km autour de ces sites et d’autres personnes qui, d’une manière ou d’une autre, se sont trouvées face aux risques des essais nucléaires (notamment sur la base militaire de Hao et sur les stations météorologiques proches des îles Tuamotu et des Gambier). Une des raisons principales qui ont motivé cette enquête est que le débat général sur les armes nucléaires a été dominé par les gouvernements, par les experts et par des organisations écologistes telles que Greenpeace et que ceux qui ont été les plus exposés aux risques liés aux essais nucléaires n’ont pas encore eu l’occasion de s’exprimer eux-mêmes à leur sujet.

Les conséquences du programme d’essais nucléaires en Polynésie française sur la santé et le bien-être de la population polynésienne ont été pendant longtemps un important sujet d’inquiétude. Les incidents et les accidents qui se produisirent sur les sites d’essais, mais aussi les récits à propos de maladies inexpliquées ont alimenté cette inquiétude pendant plus d’une décennie. Au cours de cette même période s’est développé en Europe un réseau de solidarité Europe-Pacifique. La raison principale qui a motivé l’engagement de coopération entre les Églises et les militants de ce réseau s’enracine dans la colère exprimée après la reprise des essais français dans le Pacifique. Parmi les différents arguments contre les essais français, les conséquences possibles sur la santé et le bien-être des Polynésiens, furent la motivation constante mais aussi la plus tangible. Les accidents et les maladies inexpliquées en Polynésie et la meilleure connaissance des effets de la radioactivité sur d’autres sites d’essais et dans des installations nucléaires du monde entier ont provoqué de nombreuses enquêtes en Polynésie et ailleurs pour vérifier plus sérieusement cette inquiétude. À part quelques missions limitées effectuées par des scientifiques internationaux, et par des ONG, rien de concret ne s’est produit. Mais l’inquiétude en Polynésie demeure. Pendant l’été 1995, quand, dans toutes les parties du monde, les gens se levèrent pour protester contre la décision de la France de reprendre les essais nucléaires en Polynésie, la nécessité d’une enquête sur les essais en Polynésie, se confirma de différentes manières, tant du côté des scientifiques gouvernementaux que des organisations de bases. Le réseau de Solidarité Europe-Pacifique — auquel l’Observatoire des armements participait — avait déjà développé des liens solides conjointement avec l’Église évangélique de Polynésie française et l’organisation non-gouvernementale Hiti Tau. Ensemble nous avons décidé de démarrer un processus dans lequel les opinions, les angoisses et les besoins des anciens travailleurs sur les sites nucléaires en Polynésie et des habitants des îles vivant dans la proximité de ces sites seraient analysés. Conformément à la pratique de coopération que nous avions développée pendant des années, il devint clair que, dès le début, l’enquête devrait être conduite en collaboration étroite et avec la participation des Polynésiens eux-mêmes. C’est grâce à l’engagement et à la participation de nombreuses personnes que cette enquête pu être mise sur pied.

Sommaire

- Préface de Rocky Matai’e Meuel, ancien secrétaire général de l’Église évangélique de Polynésie française
- Chapitre 1 • Introduction
- Chapitre 2 • Méthodologie de la recherche
- Chapitre 3 • Le vécu et les points de vue des anciens travailleurs des sites d’essais
- Chapitre 4 • Visite à Rikitea sur l’île de Mangareva, archipel des Gambier
- Chapitre 5 • Entretiens avec des représentants institutionnels
- Chapitre 6 • Le débat public
- Chapitre 7 • Le débat scientifique
- Chapitre 8 • Perceptions du risque, identité culturelle,
et débat sur l’« après-CEP »
- Chapitre 9 • Conclusions et recommandations
- Bibliographie

Éditions de l’Observatoire des armements/CDRPC

Septembre 1997 • 224 pages • 15 euros + 3 euros de port

Une version en langue anglaise est également disponible

ISBN 2-9508291-6-3